Le déclin de la science chez les jeunes


  • Une région axée sur la science et la technologie

Près de 32% de la population de la Capitale-Nationale et près de 23% de celle de la région de Chaudière-Appalaches occupent un emploi dans des domaines scientifi ques et technique(1). Si on ajoute que plus de 660 entreprises dans les régions 03-12 s’affairent à la recherche et au développement grâce au talent de plus de 48 000 travailleurs(2), et que la présence de l’Université Laval et de l’INRS en fait la deuxième région en importance en matière de R et D universitaire (3), on comprend rapidement que ce secteur d’activité est déterminant pour la santé économique de notre région. Or, ce secteur est fragilisé, compte
tenu de « la demande soutenue en main-d’oeuvre et de la faible proportion de
travailleurs disponibles(4) ».

  • Le déclin de la science chez les jeunes

Bien que les jeunes de quinze ans obtiennent de bons résultats en sciences et en mathématiques, seulement trois élèves sur dix complètent leurs études secondaires avec les cours préalables en sciences(5). De même, on n’observe pas de progression notable quant à l’attrait des jeunes pour les carrières en sciences et en technologique : seulement 20 % d’entre eux choisissent une carrière dans ces domaines, en raison notamment de leur perception négative des mathématiques(6). C’est donc seulement 24 % des jeunes du secondaire qui possèdent la formation et la confi ance nécessaires pour contribuer à la collectivité dans des professions scientifi ques et technologiques, et ce, seulement s’ils persévèrent dans leur parcours d’études.

Ce bassin trop petit met en péril la capacité des entrepreneurs à faire croître leur entreprise. « La pénurie de main-d’oeuvre force déjà près de 40 % des PME à laisser fi ler des occasions d’affaires(7). » Pour contrer les effets négatifs liés à la rareté de la jeune main-d’oeuvre, les employeurs tentent de séduire les finissants des programmes en sciences et en technologie. Or, c’est toute l’industrie qui courtise les mêmes trois jeunes sur dix. Ce faisant, on remet le problème au lendemain. La vraie solution ne serait elle pas d’avoir plus de jeunes aptes à contribuer ?

  • Sensibiliser les jeunes à la science

Agir directement sur l’environnement du jeune est déterminant quant à son désir de poursuivre ses études en science. En sensibilisant les parents et les enseignants à l’innovation et aux sciences, ces derniers pourront développer une attitude ouverte et critique face aux avancées de la science et de la technologie. 

De même, une visite de la Boîte à science permet de démontrer l’étendu de la science, dans tous les métiers et elle alimente le dialogue entre le parent, l’enfant et l’enseignant sur les possibilités quant à l’avenir de ce dernier. Un enrichissement de la culture scientifi que contribue à élargir l’horizon des jeunes et les aide à se fi xer un but à atteindre. Un jeune motivé est un jeune qui ne décroche pas. De même, dans une société où la culture de l’innovation est enrichie, on constate que le dialogue entre les chercheurs et les citoyens est encouragé par une curiosité réciproque. Les citoyens peuvent donc prendre part aux grands débats soulevés dans la société. Les liens entre les scientifiques, le milieu de l’éducation et les entreprises prennent sens et deviennent possibles.

Parrainer une école est un moyen effi cace pour ne organisation d’outiller les jeunes pour innover, changer leur façon de penser et croire en leurs capacités. Cette approche permet une meilleure compréhension de la science, ainsi qu’un intérêt plus marqué pour des choix de carrière en sciences et en technologie.

  • Les motiver en bas âges

Il est primordial de stimuler l’intérêt envers les sciences dès le primaire et de participer à son renforcement à des moments charnières du cheminement scolaire. « Les recherches sur la motivation montrent que l’intérêt envers les mathématiques et les sciences commence à décliner dès les premières années scolaires et que les enseignants du primaire sont peu enclins à enseigner ces disciplines(8) ». De plus, le programme québécois d’enseignement au primaire ne prévoit qu’une heure par semaine d’enseignement des sciences, ce qui est fort peu, compte tenu de l’importance régional stratégique que revêt l’initiation précoce des jeunes au domaine.


Références
(1) INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC. Le Québec en statistique, (www.stats.gouv.qc.ca), 2007
(2) INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC. Répertoire de la R&D, (www.stats.gouv.qc.ca), 2007.
(3) MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE, DE L’INNOVATION ET DE L’EXPORTATION DU QUÉBEC. Tableau de bord des systèmes régionaux d’innovation du Québec, Québec, 2007, p. 31.
(4) EMPLOI QUÉBEC. Le marché du travail dans la région de la Capitale nationale Perspective professionnelle 2006-2010.
(5) MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION, DU LOISIR ET DU SPORT, Direction de la recherche, des statistiques et des indicateurs, BCS, Tableau 1 : Proposition des jeunes qui se présentent aux épreuves de mathématiques et de sciences, en 4e et 5e secondaires, ensemble du Québec, de 1999-2000 à 2005-2006, Tableau 2 : Nombre d’élèves qui se présentent aux épreuves de 4e secondaire en 2004-2005, par rapport à 100 élèves présents à ces épreuves en 1999- 2000, par région administrative (CS francophones seulement), Tableau 4 : Taux de réussite aux épreuves de 4e secondaire, par région administrative (CS francophones seulement), 1999-2000 et 2005-2006, Résultats aux épreuves de juin en mathématiques 416, par commission scolaire, de 1999-2000 à 2005-2006, (www.mels.gouv.qc.ca), août 2007.
(6) MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE, DE L’INNOVATION ET DE L’EXPORTATION. Un Québec innovant et prospère – Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation, p. 62.
(7) LEDUC, Gilbert. « La pénurie de main-d’oeuvre persiste », Le Soleil, le samedi 9 décembre 2008, p. 53.
(8) GALAND, Benoît et Étienne BOURGEOIS, Se motiver à apprendre, Presses universitaires de France, 2006, p. 168.

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